Table of Contents

Patrick Carré
  1. Apprenti/Apprentice
  2. Compagnon/Companion
  3. Les Deux Mages/Both Witches
  4. Information about Les Franc-Maçon

Apprenti

Les tracés des tableaux de loge
Couvrent le pavé mosaïque
De symboles qui interrogent,
Et réveillent l’esprit critique.

Ils mènent au centre de l’Idée,
Lèvent les voiles, les mystères ;
Les pierres brutes, les pierres taillées,
Sont les clés de l’imaginaire.

Qu’elles n’oublient pas la carrière,
L’origine des aspérités,
De l’assise frêle et précaire,
Et des faces désaccordées.

Elles sont nées du sein de la terre,
Se retrouvent pour se lever,
Deviennent des vaisseaux de pierre,
Lient le monde profane au sacré ;

Dans le mouvement qu’elles génèrent,
Mettent un terme à la dualité,
Et marient les sens contraires
Sous l’égide de la trinité.

Les outils parlent sans se méprendre,
En silence, à qui les tient,
Ne se lassent pas de surprendre,
Prennent la mesure de la main.

Chacun par le Fil à plomb
Trouve l’équilibre en soi-même,
Les deux faces d’une équation,
Sa solution, son problème.

Le Niveau, le sceau du Travail,
Rectifie les positions,
Vérifie dans tous les détails
L’œuvre d’une vie, notre action.

Juste à l’angle droit de l’Equerre
Un point marque un événement,
La rencontre, en secret, du Frère,
L’Un de l’Autre, un avènement.

Dans la chaîne ouverte ou fermée
Circulent en nous des courants,
Qui nous portent unis, délivrés,
Vers un éternel Orient.

Qui proclame son idéal
Défend aussi des emblèmes ;
La descente du piédestal
Est le premier pas vers soi-même.

Il faudra marcher plus avant
Pour garder l’élan nécessaire,
Et trouver le contentement
Dans des gestes sûrs et sincères.

Le rituel nous ouvre d’étroits
Passages des ombres aux lumières,
Règle le devoir et le droit
De connaître et de se parfaire.

Les rayons passent les fenêtres,
Et prennent le temps d’éclairer
Les colonnes prêtes à renaître,
A se tendre dans l’unité.

Une Tenue, c’est se redresser,
Pour celui qui peine, celle qui sombre,
Notre lumière sait passer
A travers les mailles de l’ombre.

Apprentice

The tracing boards of lodges
Cover the pavement mosaic
Of symbols which question,
And wake the critical spirit.

They lead to the center of the Idea,
Raise veils, mysteries;
Raw stones, cut stones,
Are the keys of the imagination.

Let them do not forget the quarry,
The origin of the harshness,
The frail and precarious sat,
And the made go out of tune faces.

They arose from the heart of the earth,
Meet themselves to get up,
Become stony vessels,
Connect the profane world in the sacred;

In the movement which they generate,
Put an end to the duality,
And marry the opposite senses
Under the aegis of the trinity.

Tools speak without being mistaken,
Silently, to whom holds them,
Do not grow tired of surprising,
Take the measure of the hand.

Each by the Plumb line
Finds the balance in itself,
Both faces of an equation,
Its solution, its problem.

The Level, the seal of the Work,
Rectifies the positions,
Verifies in all the details
The work of a life, our action.

Just in the right angle of the Set square
A point marks an event,
The meeting, in secret, of the Brother,
One of the Other one, the advent.

In the opened or closed chain
Circulate in us currents,
Which wear us close, freed,
Towards eternal one East.

Who proclaims the ideal
Also Defends emblems ;
The descent of the base
Is the first step towards itself.

It will be necessary to walk more before
To keep the necessary run-up,
And find the satisfaction
In sure and sincere gestures.

The rite opens us narrow
Passages from the shadows to the lights,
Settles the duty and the right
To know and to perfect oneself.

Beams cross windows,
And take time to enlighten
Columns ready of being reborn,
Of tightening in the unity.

One Reunion, it is to stand up,
For the one who saddens, the one who sinks,
Our light knows how to get
Through the stitches of the shadow.

Compagnon

Une main trace dans les règles
Le tableau qui guide nos pas;
Que rien n’entache, ne dérègle
La mesure du juste en soi.

Elle ne sert qu’un seul maître,
Et reste fidèle aux serments
Prêtés sur l’autel du bien Etre,
En son éternel présent.

Elle unit les forces contraires,
S’ouvre avec compassion,
Se referme sur un mystère,
L’énergie de sa passion.

Elle sert les grains, la semence,
Des épis de blé en faisceaux,
Les forces de vie qui s’élancent
Pour nourrir un homme nouveau.

Elle montre l’étoile flamboyante,
Et sa divine proportion;
Une lettre émane du centre,
Donne au sens sa direction.

C’est en faisant qu’on apprend
A trouver des marques, des repères,
Sous les pas légers des Passants,
Les ressorts de l’imaginaire.

Ils lancent leur canne devant eux,
Ne regardent pas en arrière,
Marchent sous la voûte des cieux,
Relient les hommes, l’univers.

Ils tendent le fil qui descend
Partager le sort du niveau,
Croisent la sagesse des plans,
Près du centre qui fait défaut.

Ils gardent la foi, le courage,
Passent, libérés, les épreuves;
Chacun, sans regret ni bagage,
Est le fils du Trait, de ses œuvres.

Ils forgent les clés des problèmes,
Trouvent autant de solutions,
Pour se retourner vers soi-même,
Faire sa propre révolution.

Ils s’inspirent des différences
Entre ce qui fut et devient,
La graine plantée en conscience,
Et l’arbre des fruits de demain.

Ils s’écartent du linéaire,
Trouvent dans les verbes des mots
Qui passent les cages, les barrières,
Parlent la langue des oiseaux.

Ils donnent un nouveau départ
A qui se questionne, se répond,
Rassemblent ce qui est épars,
Epellent ton nom, Compagnon.

Entends-tu jusqu’à percevoir
Ce que fuit notre entendement,
La quinte essence du savoir,
Qui s’annonce sans prendre de gants?

Ton levier soulève le monde,
Fait des cœurs légers des corps lourds,
De la chaîne humaine une ronde,
Du travail un acte d’amour.

Companion

A hand draws in rules
The picture which guides our steps;
Let nothing soils, disorders
The measure of the just man in itself.

It serves only a single master,
And rest faithful to the oaths
Lent on the altar of the good Being,
In its eternal present.

It unites the opposite strengths,
Opens with condolence,
Closes on a mystery,
The energy of its passion.

It serves grains, seed,
Ears of wheat in bundles,
Strengths of life which dash
To feed a new man.

It shows the blazing star,
And its divine proportion;
A letter emanates from the center,
Gives to the sense its direction.

While making one learns
To find marks, references,
Under the light steps of the Passers-by,
The competences of the imagination.

They throw their stick in front of them,
Do not look behind,
Walk under the vault of heavens,
Connect the men, the universe.

They tighten the thread which goes down
To Share the fate of the level,
Cross the wisdom of plans,
Near the center which is lacking.

They keep the faith, the courage,
Pass, freed, the tests;
Each, without regret nor luggage,
Is the son of the Line, of its works.

They forge the keys of the problems,
Find so many solutions,
To turn around towards itself,
Make his own revolution.

They are inspired by differences
Between what was and becomes,
The seed planted in consciousness,
And the tree of fruits of tomorrow.

They deviate from the linear space,
Find in the verbs words
Which cross cages, barriers,
Speak the language of birds.

They give a new start
To whom questions himself, answers,
Collect what is scattered,
Spell your name, Companion.

Do you listen until perceive
What avoids our understanding,
The fifth essence of the knowledge,
Which announces itself without setting gloves?

Your control lever lifts the world,
Makes light hearts with heavy bodies,
With the human chain a round,
With work an act of love.

Les Deux Mages

Mes compagnons de voyage
Changent de temps et d’espace,
Du Trois Fois Puissant au Très Sage,
De la pesanteur à la grâce.

Le premier sème sans mot dire
Dans les éléments en furie;
Le second s’aime, fait jaillir
La lumière sans point d’appui.

Le premier rappelle, profère
Les initiales du grand tout;
Le second revit sans refaire
L’initial qui est en nous.

Le premier dans la mer d’airain
Fait de l’horizon son autel;
Le second se pare soudain
Du blanc d’avant l’arc en ciel.

Le premier délivre le monde,
Garde une main sur le destin;
Le second fait l’onde féconde
Du beau, du bon et du bien.

Le premier forge les recours,
Les chaînes d’union, les soutiens;
Le second chante le secours
Et la main tendue au prochain.

Le premier s’enivre, s’abreuve
A l’eau vive de ses amours;
Le second pardonne, fait la preuve
Des vertus sacrées de l’Amour.

Ils se suivent, passent les épreuves
D’un chemin de vie sans retour;
Se retrouvent au centre de l’œuvre
En une seconde, pour toujours.

Ils avancent du pas des Mages,
En silence, veillent l’Enfant;
Renaissent en eux-mêmes sans présage,
Font de chaque instant un présent.

Ils se couvrent de marques, de signes;
Dans leur quête ils sont déjà deux;
Se découvrent près de l’Etre insigne,
Se recueillent à la gloire de Dieu.

Ils règlent les temps de passage
Et la concordance des plans,
L’ouverture de toutes les cages,
Les sésames et la clé des chants.

Tout là-haut brille une lumière,
Une flamme qui ne s’éteint pas;
L’immense miroir de l’éther
Reflète ce qui est en bas.

Quand l’un relève le regard,
Et pousse au plus haut l’idéal,
Qu’il y plante son étendard,
Et relie les hommes, les étoiles,

L’autre ouvre son cœur, le sonde,
Plonge si profond qu’il devient
La source de vie qui l’inonde,
La brise du souffle divin.

Qu’ils s’accordent et prennent sans fin
Le goût suprême du bonheur;
La saveur des lendemains
Au midi des sages demeures.

Both Witches

My travelling companions
Change time and space,
From The Right Worshipful Master to The Sovereign,
From the gravity to the grace.

The first seme silently
In elements in fury;
The second loves himself, makes
The light spring without support.

The first one reminds, utters
The initials of the big everything;
The second revives without redoing
The initial which is in us.

The first one in the sea of bronze
Makes of the horizon his altar;
The second adorns himself suddenly
With the white before the rainbow.

The first one frees the world,
Keeps a hand on the fate;
The second makes the wave fertilizes
Of the beautiful, the check and the good.

The first one forges the appeals,
The chains of union, the supports;
The second sings the help
And the hand stretched out at the fellow man.

The first one gets drunk, drinks
The running water of his courtship;
The second forgives, makes the proof
Of the sacred virtues of the Amur.

They follow each other, cross the tests
Of a road of life without return;
Meet themselves in the center of the work
In one second, for ever.

They move of the step of the Witches,
Silently, watch over the Child;
Are reborn in themselves without forerunner,
Make of every moment a present.

They cover themselves with brands, with signs;
In their collection they are already two;
Confide near the sacred Being,
Take in themselves in the glory of God.

They settle time of passage
And the concordance of plans,
The opening of all the cages,
The sesames and the key of the singings.

All above shines a light,
A flame which does not go out;
The immense mirror of the ether
Reflects what is below.

When the one raises the glance,
And pushes to the highest the ideal,
When it plants its banner there,
And connects people, the stars,

The other one opens its heart, sounds it,
Plunges so deep that it becomes
The spring of life which floods him,
The breeze of the divine breath.

That they agree and take unlimitedly
The supreme taste of the happiness;
The flavour from the next days
To noon of the wise houses.

Patrick Carré (1953- )

Author of 2 books of poetry so far, Patrick Carré was born on January 14th, 1953 in Blois, France. He was 23 years old when he was initiated as a Freemason at the Grande Loge de France (3 first degrees), and later at the Suprême Conseil de France (from 4° to the 33°). He likes to travel and observe others' cultures and religions (USA, India ...). Women are for him an infinite source of inspiration.

Masonry and Poetry have changed and renewed his view of the world and humanity. He wrote his books “Cathédrales” (Cathedrals) and “La Femme Chair Coeur Esprit” (The Woman: Flesh, Heart, Spirit) to translate poetically the spirituality present in Humanity, as well as in the sacred buildings. Their symbolism can connect us in brotherhood to the men and women who then become Brothers and Sisters, beyond our previous histories and cultures.

"For me to be a better person is also to write poetry, to discover the right words at the right places in a poem."

P.C., Feb. 2008

At his home page, Patrick Carre Poesie, you may click on "Liste des poèmes" in the left margin and you can read the same poems both in English and French. Click "Liste des blasons" for a companion image, or click the poem title in the table on the right to hear the poem recited.